L'impact de la fratrie

September 9, 2017

Aujourd'hui j'aimerais vous parler du fait de grandir avec des frères et sœurs. C'est une expérience particulière qui a toujours un impact sur notre développement. Ceux qui sont enfants uniques ont pu développer des liens forts avec des cousins, voisins ou amis, mais l'expérience n'est pas la même que de partager, pour toujours, un papa et une maman, et pour beaucoup d'années la ou les mêmes maisons (en cas de parents séparés).

 

En Gestalt, lorsqu'on considère le développement psycho-affectif dans l'enfance d'une personne, c'est toujours dans son environnement: la culture, le milieu social, l'entourage proche, la famille, etc. Les facteurs les plus importants étant les parents, en tout cas au début, car c'est avec eux que l'on va construire nos expériences de références, profondément ancrées car premières. Alors, que se passe-t'il s'il y a des frères et sœurs?

 

Nous allons observer nos parents interagir avec eux. Est-ce différent d'avec nous? comment gèrent-ils les conflits dans la fratrie? Ont-ils tendance à donner plus souvent tort à l'un qu'à l'autre? Sont-ils plus proches de nous que de leurs autres enfants? Si certaines choses ne sont pas ajustées, cela va générer tout un panel d'émotions, comme la peur, la colère, le désespoir, la culpabilité, qui peuvent aussi s'ancrer comme expériences de référence si elles surviennent dans les premières années. C'est-à-dire que nous allons les assimiler comme des modèles de relations, comme une norme à laquelle se référer au cours de notre vie. C'est extrêmement important de la prendre en compte, car cela signifie deux choses: - que nos modèles ne seront pas uniquement nos relations à papa et maman, même si celles-ci seront toujours en première position. Les relations fraternelles deviendront des modèles importants aussi.

- que ces interactions soi/fratrie/parents vont colorer le modèle construit avec la relation soi/parent.

 

Plus tard, ces émotions prendront d'autres formes, puisqu'il ne sera plus question de se disputer à propos du camion de pompier! Mais elles seront toujours présentes dans les relations de la fratrie. Chacun ayant son vécu, profondément ancré depuis si longtemps, depuis une époque où la prise de recul, l'analyse, la recherche de solution étaient impossibles, la communication sur le sujet devient difficile.

 

Pour trouver l'apaisement, il est nécessaire d'abord d'accueillir SON vécu propre. Car il est incomparable à celui des autres membres de la famille, et la recherche d'une vérité "objective", de "tu as tort et j'ai raison" est vaine. Tous seront toujours perdants à ce jeu-là, car si l'on n'accepte pas son vécu, ses émotions, dans un premier temps, l'autre ne pourra pas les accueillir. Les émotions en jeu peuvent être très archaïques. Et les souvenirs auxquels se référer, très anciens et flous, voire inexistants, ne persistant que des impressions, difficiles à mettre en mots.

 

Il est évidemment différent d'être l'aîné, le second, le dernier, "celui du milieu"... Un parent n'accueille pas son enfant de la même façon s'il en a déjà un ou plusieurs autres, ou pas. Et puis, les parents évoluent et vivent des choses sur le plan personnel qui les influencent! On ne peut donc imaginer qu'une mère accueille de la même façon son premier enfant dans un couple amoureux, que le second dans un couple fragilisé... Qu'un père élève avec tant de générosité et de détente l'aîné, arrivé un peu tôt dans un contexte financier difficile, que les prochains lorsqu'il se sent plus sécure dans sa carrière...

 

Malgré tout, chaque enfant attend un amour inconditionnel de la part de ses parents. Lorsqu'il le reçoit, il est à même d'entendre que son frère ira à la patinoire seul avec papa. Car il sait que son père aussi prend des moments privilégiés avec lui, même s'ils sont d'une autre nature. Il peut entendre les critiques éducatives, sachant qu'à d'autres périodes ses frères et sœurs en ont reçu, sachant que ses parents l'aiment toujours mêmes s'ils ne soutiennent pas son comportement.

 

Lors d'un thérapie, les relations dans la fratrie donnent des indications précieuses sur la personne, et je m'attache autant à lui donner la possibilité d'exprimer son vécu sur cela que sur les relations parentales. Il est d'ailleurs fréquent qu'en réparant l'une des relations, cela aide à la guérison de l'autre. Lorsqu'une personne se permet de soigner la souffrance accumulée enfant dans sa famille, elle la reconnaît et se donne de la valeur à elle-même. En tant que thérapeute, ce sont des moments qui me touchent toujours, et j'ai à cœur de lui donner cette reconnaissance.

 

J'espère que cet article vous aura plu et éclairé!

À bientôt!

Gabrielle Malésys.

 

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